Connaissez-vous l’agrile du frêne?

Cet insecte ravageur originaire d’Asie a déjà détruit des millions de frênes depuis son arrivée en Amérique du nord en 2002. Sa présence a été confirmée en 2013 à Boisbriand et ce n’est qu’une question de temps avant de le voir arriver dans les milieux forestiers de Sainte-Anne-des-Lacs. On se souvient encore de la maladie hollandaise de l’orme qui a fait disparaître ce majestueux arbre de nos paysages. Bien que  la problématique ne soit pas la même dans les milieux naturels que dans les zones urbanisées, il n’en demeure pas moins que  le frêne, feuillu noble et rustique, reste une essence compagne d’importance dans les érablières. Les frênes poussent aussi en rive de cours d’eau, lacs, milieux humides ou bien dans les sols profonds des basses terres. Leur réseau racinaire très développé et leur capacité à fixer l’azote du sol leur donnent des qualités très recherchées dans les bandes riveraines.

En 2014, l’agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a décrété que le territoire de la MRC des Pays-d’en-Haut était désormais en zone réglementée et visé par la problématique de l’agrile du frêne. Cet insecte de coloris bleu-vert émeraude présente un éclat brillant et une longueur variant de 8,5 à 14 mm. Bien qu’il se déplace sur plusieurs kilomètres en volant, sa propagation peut être accélérée par le transport de résidus de bois d’une région à une autre.

COMMENT RECONNAÎTRE LES ARBRES INFESTÉS

Agrile du frêne

  • Diminution de la densité du feuillage de la cime;
  • Traces laissées par l’insecte adulte lorsqu’il se nourrit de feuilles;
  • Repousse de branches sur le tronc;
  • Fentes verticales sur le tronc;
  • Petits trous de sortie en forme de D;
  • Galeries en S sous l’écorce remplies de sciure fine.

Vous avez un doute quant à la présence de l’agrile du frêne près de chez vous, n’hésitez pas à contacter le Service de l’Environnement.

La présence d’essences compagnes comme le cerisier tardif, le chêne rouge et le tilleul permet d’augmenter la stabilité d’un peuplement forestier. Les forêts diversifiées sont ainsi beaucoup plus résistantes aux perturbations naturelles et la biodiversité floristique et faunique est valorisée. Que ce soit finalement le scolyte de l’orme ou l’agrile du frêne, le maintien de la biodiversité revêt de plus en plus une importance particulière.

Concrètement, chacun d’entre nous peut y participer suivant ses aspirations. Observons notre boisé d’un peu plus près : présence de bois mort, de vieux chicots encore sur pied qui servent d’abris fauniques, diversité au niveau des essences indigènes, régénération préétablie. Tous les ingrédients sont mis ensemble pour créer un équilibre sans cesse renouvelé. Les chablis, les insectes ravageurs sont parfois là pour nous rappeler les cycles naturels et le fragile équilibre des écosystèmes forestiers.

En tant que propriétaire, on doit s’interroger sur le bien-fondé de nos actions : l’aseptisation des boisés et la monoculture  ne font finalement qu’exposer davantage les forêts aux épidémies d’insectes et autres perturbations naturelles. Les jeunes pousses d’arbres en place qui nous semblent sans intérêt et qu’on est parfois tenté de couper sont pourtant cette régénération préétablie qui fait toute la différence lorsque des événements climatiques surviennent ou que des insectes ravageurs déciment des peuplements forestiers.

La conservation à l’état naturel d’une partie des terrains est un formidable rempart pour le maintien de la biodiversité : les essences d’arbres les plus adaptées aux conditions locales vont s’installer et se succéder pour atteindre une certaine stabilité : le climax. Cet aboutissement est bien sûr dépendant des coupes de bois effectuées ou de perturbations naturelles qui ouvrent le couvert forestier et favorisent les phénomènes de chablis.

Les essences semi-tolérantes à l’ombre sont idéales dans une optique de replantation.  Alors, tous à vos pelles ! Replantons de la diversité : tilleuls, chênes, caryers, etc.

COMMENT LIMITER LA PROPAGATION DE L’AGRILE DU FRÊNE ?

Bois de chauffage

Les maladies et les insectes envahissants peuvent s’abriter dans le bois de chauffage. Le déplacement de bois de chauffage non traité, même sur une distance de quelques kilomètres en provenance ou à destination d’un terrain de camping ou d’un chalet, est un mode commun de propagation de maladies et d’insectes envahissants. Ces ravageurs détruisent les arbres de nos forêts, ce qui a pour effet de réduire la qualité de l’air et de l’eau et de priver les animaux de leur habitat. L’agrile du frêne a tué des millions d’arbres au Canada depuis son introduction en provenance d’Asie. Il ne se déplace pas très loin de lui-même mais peut parcourir de très longues distances niché dans le bois de chauffage. C’est alors qu’il s’attaque aux frênes de la zone où il a été déplacé. (source ACIA)

 

 

 

 

 

 

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